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La photo de la semaine : le ciel du monde entier en lice pour l’Astronomy Photographer of the Year 2026

Chaque semaine, je m’arrête sur une image qui fait le tour du monde et je vous la raconte, avec mes yeux de photographe de terrain. Cette fois, ce n’est pas une photo qui buzze, mais tout un ciel : le shortlist du ZWO Astronomy Photographer of the Year 2026 vient d’être dévoilé par l’Observatoire royal de Greenwich, et il envoie du lourd.

Le buzz de la semaine : 4 000 images, 66 pays, un seul ciel

C’est le concours de photo astronomique le plus prestigieux de la planète, dans sa 18e édition. Cette année, 769 photographes et astronomes venus de 66 pays ont envoyé plus de 4 000 images. La sélection finale, publiée le 6 juillet, a été reprise partout — de Colossal à la BBC Sky at Night — parce qu’elle a ce truc rare : elle donne le vertige. Aurores qui incendient les fjords de Norvège, comète Lemmon suspendue au-dessus des Alpes suisses, galaxie d’Andromède en tourbillon cramoisi, Soleil couvert de taches saisi par un gamin de 14 ans… Les grands gagnants seront annoncés le 17 septembre, avant l’exposition au National Maritime Museum de Londres. Le vainqueur repartira avec 10 000 £.

Ce qui me parle, à moi qui shoote la côte

Dans cette avalanche de ciel profond, une image me ramène droit en Bretagne : « Te Hoho Rock Moonrise », du Néo-Zélandais Evan McKay, une aiguille rocheuse plantée dans la mer à Cathedral Cove, avec la Lune et les étoiles qui montent derrière. Remplacez le rocher austral par les Tas de Pois de la pointe de Pen-Hir ou par un menhir isolé, et vous avez exactement l’image que je cours après les nuits d’été. La France n’est d’ailleurs pas en reste : Humbert Cédric décroche une place avec la nébuleuse de l’Hélice (NGC 7293) accumulée sur 43 heures de pose, et Martin Giraud aligne les phases de la super-Lune au-dessus de Paris. La preuve qu’on n’a pas besoin de partir au bout du monde pour viser haut.

La technique, sans jargon

Ce shortlist réunit en réalité deux métiers très différents, et c’est bon à comprendre quand on débute.

D’un côté, le ciel profond : les nébuleuses et galaxies (Andromède, l’Hélice) sont captées au télescope sur une monture équatoriale motorisée qui compense la rotation de la Terre, puis empilées — parfois des dizaines d’heures d’exposition cumulées, avec des filtres à bande étroite pour faire ressortir l’hydrogène ou l’oxygène. C’est de la patience de bénédictin et beaucoup de traitement.

De l’autre, le nightscape (paysage nocturne), bien plus accessible : un boîtier, un objectif grand-angle très lumineux (f/2.8 ou mieux), un trépied solide, une pose de 10 à 20 secondes à haute sensibilité, et surtout un premier plan terrestre — rocher, phare, alignement de pierres — qui donne l’échelle et l’émotion. L’aurore de Jennifer Rogers dans les Lofoten ou la Voie lactée de Jakob Sahner en Namibie, c’est cette école-là. Celle qu’on peut pratiquer depuis nos côtes.

🔭 La leçon de photographe
Une belle photo de nuit, ce n’est pas d’abord du matériel, c’est de la préparation. On repère le lieu de jour, on vérifie la position de la Lune et de la Voie lactée avec une appli (PhotoPills, Stellarium), on attend une nuit sans lune et sans pollution lumineuse — et on compose avec un premier plan fort. Le ciel, tout le monde l’a au-dessus de la tête ; ce qui fait la photo, c’est ce que vous mettez devant.

Nos nuits bretonnes valent le détour

On l’oublie souvent : la Bretagne offre certains des ciels les plus sombres de la façade atlantique, surtout sur les presqu’îles et les îles. Et l’été, de juin à août, c’est la pleine saison du cœur de la Voie lactée. Les alignements de Carnac sous les étoiles, c’est un dialogue de 7 000 ans entre les hommes et le ciel — les mêmes pierres, sous les mêmes constellations que nos ancêtres néolithiques observaient déjà. C’est tout le sens de mon travail sur les tirages des mégalithes : marier la pierre et la lumière, le terrestre et le céleste.

Envie d’un tirage d’art qui raconte cette Bretagne-là, ou d’organiser une séance nocturne sur la Grande Plage de Carnac cet été ? Écrivez-moi, on en parle.

Voir tout le shortlist officiel →
La sélection sur Colossal →

Crédits des images citées : © ZWO Astronomy Photographer of the Year / Royal Observatory Greenwich — Evan McKay, Humbert Cédric, Martin Giraud, Jennifer Rogers, Jakob Sahner, Chuhong Yu & Zuoming Wang, Yifan Cao. Aucune image n’est reproduite ici : rendez-vous sur les liens officiels ci-dessus.

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