Cette semaine, la planète photo a les yeux tournés vers le ciel. Le palmarès de la deuxième édition de l’International Aerial Photographer of the Year vient d’être dévoilé, et il a aussitôt fait le tour de la presse spécialisée, de PetaPixel à Colossal. Sur 1 587 candidatures venues du monde entier, c’est le Bangladais Azim Khan Ronnie — installé en France, cocorico d’adoption — qui décroche le titre suprême de photographe aérien de l’année 2026.
Le jury n’était pas composé de n’importe qui : Tom Hegen, le maître allemand des paysages abstraits vus du ciel, Isabella Tabacchi et Joanna Steidle. Autant dire que pour les convaincre, il fallait davantage qu’un joli survol de plage au coucher du soleil.
L’annonce officielle du titre d’Azim Khan Ronnie — et l’intégralité du Top 101 est à découvrir sur le site officiel du concours.
L’histoire d’un regard qui vient d’en haut
Le titre de photographe de l’année se joue sur un portfolio d’au moins quatre images — pas sur un coup de chance. Et celui de Ronnie est une leçon de diversité : une équipe d’aviron fendant les eaux turquoise du lac de Zurich, parfaitement synchronisée, les rames tranchant la surface comme des aiguilles d’horlogerie ; le ballet chaotique des mouettes de Sibérie autour des barques de Yamuna Ghat, à Delhi ; des milliers de piments rouge vif séchant en rangées géométriques à Bogura, au Bangladesh, où plus de 2 000 personnes travaillent dans une centaine de fermes ; et la ferveur du rituel hindou Rakher Upobash à Dhaka, mer de lampes à huile et d’encens photographiée à la verticale.
Quatre continents de couleurs et d’histoires, mais un seul fil rouge : vu du sol, rien de tout cela n’existe. Les rangées de piments ne sont qu’un champ ; les fidèles, une foule. C’est l’altitude qui révèle le motif, la géométrie, le sens. « Je cherche à révéler des échelles, des motifs et des perspectives impossibles à saisir depuis le sol », résume le lauréat, qui cumule déjà plus de 800 prix internationaux.
Côté technique : le drone comme un pinceau
Ronnie travaille au DJI Mavic 4 Pro et au Mavic 3 Classic, exclusivement en RAW pour garder toute la latitude en post-production. Sa retouche, sous Photoshop, se veut sobre : exposition, balance des blancs, contraste, couleur, netteté — « améliorer plutôt que manipuler », dit-il. Le concours l’exige d’ailleurs : aucune IA générative n’est admise, toutes les images doivent être l’œuvre d’une personne réelle. Un engagement d’authenticité qui me parle, vous le savez.
Ce qui frappe dans ses images, ce n’est pas la prouesse du pilotage : c’est la composition. Vue du ciel, la photo redevient un exercice de peinture abstraite — lignes, répétitions, ruptures. Le drone n’est qu’un trépied volant ; l’œil, lui, reste aux commandes.
📷 La leçon de photographe : vous n’avez pas besoin d’un drone pour penser comme un photographe aérien. Cherchez le motif avant le sujet : une répétition (rangées, vagues, pierres alignées), une rupture dans cette répétition, et une lumière rasante qui sculpte le relief. Montez sur une dune, une falaise, un clocher — dix mètres de hauteur suffisent parfois à transformer un champ banal en tableau graphique. Et cadrez à la verticale de temps en temps : le sol est une toile.
Crédit : les photographies évoquées sont l’œuvre d’Azim Khan Ronnie et des lauréats de l’International Aerial Photographer of the Year 2026. Elles ne sont pas reproduites ici par respect du droit d’auteur — admirez-les sur le site officiel ou dans l’article de PetaPixel.































































