Cette semaine, c’est un éclair qui a volé la vedette. En Irlande, le concours Love Your Coast Photography Competition 2026, porté par le programme Clean Coasts d’An Taisce, a dévoilé ses lauréats lors d’une cérémonie au Smock Alley Theatre de Dublin. 390 photographes amateurs, plus de 1 100 clichés envoyés, cinq catégories consacrées à la mer, aux rivières et à la vie sauvage du littoral irlandais : un concours moins médiatisé que les grands rendez-vous internationaux, mais qui parle directement au photographe de tempête que je suis.
Un bonhomme de foudre sur la promenade de Salthill
Dans la catégorie « Coastal Landscape », c’est Adrian Nolan qui l’emporte avec « Stick Man », un éclair saisi sur la promenade de Salthill, à Galway, dont la ramification dessine — comme par hasard — la silhouette filiforme d’un petit bonhomme au-dessus de la baie. Un coup de foudre au sens propre, au bon endroit, au bon moment, avec la bonne technique en poche.
La tempête comme personnage principal
Le jury a aussi récompensé par le « Impact Award » l’image « Bramzilla » de Tyrone Power, prise sur la jetée de Tramore (comté de Waterford) pendant la tempête Bram en décembre dernier : une vague qui se cabre littéralement comme un monstre marin. Et le grand gagnant toutes catégories, Chris Martin, repart avec « A Bit of a Pinch », la photo d’une loutre croquant un crabe sur les quais de Cork — la preuve que le spectacle du littoral n’est pas toujours là où on l’attend.
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Comment on capture ça : la technique, sans matiériel de bricoleur fou
Pour un éclair comme celui d’Adrian Nolan : trépied obligatoire, objectif grand-angle pour couvrir un maximum de ciel, mode « bulb » ou pose longue de plusieurs secondes, ouverture resserrée (f/8 à f/11) et sensibilité basse (ISO 100-200) pour ne pas cramer la scène dès que la foudre tombe. Certains s’aident d’un déclencheur sensible à la lumière qui shoote automatiquement dès qu’un éclair illumine le ciel — le reste, c’est de la patience et un abri sûr, jamais en plein sur une jetée exposée.
Pour une vague comme « Bramzilla » : on inverse tout. Vitesse rapide (1/1000s et plus) pour figer l’écume, téléobjectif pour rester à bonne distance de sécurité, rafale continue pour ne pas rater le pic exact de la vague, et un boîtier protégé des embruns. La tempête ne pardonne pas l’approximation, ni sur le réglage, ni sur la sécurité.
La leçon du photographe : une photo de tempête n’est jamais un coup de chance pur. C’est une attente calculée — on choisit son point de vue avant que le ciel ne se déchaîne, on règle son boîtier à l’avance, et on laisse la nature composer le reste. Le talent, c’est d’être prêt au bon endroit — jamais de courir après l’éclair une fois qu’il est tombé.
Et sur nos côtes bretonnes ?
Les tempêtes irlandaises ont un petit air de famille avec celles qui balaient l’Atlantique breton — la pointe du Raz, Ouessant, Belle-Île… Ici, à Carnac, ce sont des menhirs plantés depuis des millénaires qui encaissent le vent et les embruns : on peut (re)découvrir les alignements de Carnac et leur rapport étrange au temps qui passe, ou parcourir les tirages d’art de la collection Mégalithes en boutique. Une envie de tirage sur mesure ou une question sur une prise de vue ? Contactez-nous, on adore en parler.