Chaque été, le Siena International Photo Awards Festival réunit trois concours en un seul événement — les Siena International Photo Awards, les Creative Photo Awards et les Drone Photo Awards — et cette édition 2026 vient de dévoiler ses nominés : un chiffre vertigineux de 40 000 photographies soumises par des photographes de 163 pays. Parmi les images qui font le tour de la presse photo internationale cette semaine, une capture aérienne s’impose par sa seule palette de couleurs : les montagnes multicolores de Zhangye, en Chine.
La photo : « Rainbow Mountains », d’Abbas Rastegar
Nominée dans la catégorie Drone Photo Awards, l’image d’Abbas Rastegar montre depuis les airs les célèbres reliefs de grès du parc géologique de Zhangye Danxia, dans la province chinoise du Gansu — des strates rouges, ocre et vertes façonnées par des millions d’années de sédimentation, révélées à la verticale par le drone comme une peinture abstraite grandeur nature. Le jury du festival, qui a examiné les 40 000 candidatures venues de 163 pays, l’a retenue parmi une poignée de nominés dans cette catégorie dédiée à la photographie aérienne. Les lauréats seront annoncés le 10 octobre 2026, à l’ouverture du festival à Sienne.
Photo à découvrir uniquement sur le site officiel du festival — sienawards.com — ou via l’article de My Modern Met, © Abbas Rastegar.
Mon regard de photographe
Ce qui me frappe dans cette image, c’est qu’elle n’a besoin d’aucun sujet au sens classique du terme — ni personnage, ni animal, ni monument. Juste de la couleur, de la lumière rasante et un point de vue que l’œil humain ne peut pas adopter naturellement. C’est toute la promesse du drone : transformer un paysage qu’on croit connaître en composition abstraite, presque picturale.
Techniquement, une image comme celle-ci se joue à l’heure et à l’angle : les couches minérales de Zhangye ne révèlent leurs couleurs que sous une lumière rasante, tôt le matin ou en fin de journée, quand le soleil accentue le relief des strates sans écraser les teintes sous une lumière trop verticale. Un peu de post-traitement pour équilibrer la saturation, sans jamais la pousser au point de trahir la réalité géologique — c’est la ligne rouge de toute bonne photographie de paysage.