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La photo de la semaine : la Voie lactée de l’ISS qui fait douter la Toile

Cette semaine, la photo qui fait parler n’a pas été prise sur Terre. Elle a été prise à 400 km au-dessus de nos têtes, depuis la Cupole de la Station spatiale internationale — et elle est tellement spectaculaire que certains internautes refusent tout simplement d’y croire.

Une Voie lactée qui sème le doute

Le 31 juillet 2026, l’astronaute américain Don Pettit (NASA) a partagé sur X l’un de ses clichés préférés parmi les 1,2 million de fichiers RAW rapportés de sa dernière mission à bord de l’ISS (Expedition 72) : une image saisissante de la Voie lactée, avec des éléments de la station en premier plan et la Terre qui défile en dessous.

Face à l’intensité et à la netteté du ciel étoilé, plusieurs comptes X — dont un utilisateur certifié — ont mis en doute l’authenticité de l’image, la jugeant trop lumineuse pour être réelle : « toutes les autres photos et flux en direct depuis l’espace ne montrent qu’un vide noir », a écrit l’un des sceptiques. Don Pettit a répondu le lendemain avec un message technique détaillé, accompagné d’une photo de son matériel : la polémique s’est transformée en leçon de photographie à ciel ouvert.

Le secret : un suivi sidéral fabriqué à la main

La difficulté, en orbite, est particulière : l’ISS fait pivoter en permanence son axe de tangage pour garder son nadir constant (environ 4° par minute). Une pose longue classique transformerait donc les étoiles en filés, exactement comme sur Terre lorsqu’on laisse l’obturateur ouvert sans suivi. Pour contourner le problème, Pettit a utilisé un support de visée sidéral entièrement mécanique conçu par le Rochester Institute of Technology (RIT) : un mécanisme à ressort à spirale, usiné dans l’aluminium, qui fait pivoter l’appareil toutes les 90 minutes grâce à un jeu d’engrenages, pour annuler exactement la rotation orbitale et figer les étoiles en points fixes.

Réglages : Nikon Z9, objectif Arri Zeiss 15 mm T1.8, ouvert à pleine ouverture. « C’est en substance un traqueur d’étoiles analogique, entièrement mécanique, pour contourner les contraintes électriques strictes imposées par la NASA sur le fret », a expliqué l’astronaute. Depuis la fin de sa mission, le mécanisme est exposé au RIT.

La leçon du photographe : qu’on soit en orbite ou les pieds dans le sable breton, le problème est le même : la Terre (ou la station) tourne, et sans compensation, les étoiles laissent des traits au lieu de rester des points. Pour un photographe de nuit terrestre, la solution est plus modeste mais repose sur le même principe : un « star tracker » (Sky-Watcher Star Adventurer, iOptron SkyGuider…) compense la rotation de la Terre au lieu de celle d’une station spatiale. À défaut de traqueur, on applique la règle NPF ou la règle des 500/300 pour calculer le temps de pose maximal sans filé perceptible, avec en général une ouverture entre f/1.8 et f/2.8, une sensibilité ISO 3200 à 6400 et une pose de 10 à 20 secondes pour la Voie lactée. Le star tracker permet d’aller bien au-delà, avec des poses cumulées de plusieurs minutes et un ciel bien plus propre.

De la Cupole aux alignements de Carnac

Ce qui rend cette histoire particulièrement parlante, c’est qu’elle raconte, à une échelle vertigineuse, exactement ce que vivent les photographes de nuit sur le terrain : composer avec le mouvement du ciel, choisir le bon matériel, et accepter que la technique la plus rigoureuse serve avant tout à révéler quelque chose de très simple à admirer — un ciel étoilé. Les nuits claires sans lune sont rares sur la côte bretonne, mais quand elles arrivent au-dessus des alignements de Carnac, elles offrent un terrain de jeu unique pour la photographie nocturne : aucune pollution lumineuse en direction du large, et des mégalithes qui donnent un premier plan minéral à la Voie lactée.

Envie de découvrir ce que ce ciel breton donne une fois développé ? La collection Mégalithes rassemble les tirages d’art consacrés aux menhirs et alignements de Carnac. Pour toute question sur un tirage, une commande ou une demande spécifique, la page contact reste ouverte.

Voir le fil complet de Don Pettit sur X → · Lire l’article sur PetaPixel →

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