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Natural Landscape Photography Awards 2026 : la photographie qui refuse la triche

Cette semaine, ce n’est pas une seule photo qui a fait le buzz, mais un concours tout entier : les Natural Landscape Photography Awards (NLPA) 2026 ont dévoilé leurs résultats le 23 septembre — 11 929 photographies envoyées par 1 086 photographeuses et photographes de 52 pays, pour une 6ᵉ édition qui pose une question de plus en plus brûlante dans le paysage (au sens propre) de la photo de nature : jusqu’où a-t-on le droit d’aller en post-traitement avant de mentir sur ce qu’on a vraiment vu ?

Un concours qui interdit presque tout

Le règlement des NLPA est le plus strict du milieu. Pas de composition, pas d’éléments ajoutés, pas d’intelligence artificielle générative — jusque-là, rien d’inhabituel. Mais les organisateurs vont plus loin : même l’éclaircissement localisé (le fameux dodge & burn) peut disqualifier une image, car il ajoute un effet de lumière qui n’existait pas au moment de la prise de vue. Le stacking et le stitching restent autorisés — ce sont des techniques d’assemblage, pas de fabrication — mais chaque photo qui passe le premier tour de jugement doit être accompagnée de son fichier RAW, vérifié un par un. « Une personne qui connaît le paysage et le processus photographique ne devrait pas se sentir trompée si on lui montrait la scène originale et le fichier brut », résume le règlement du concours.

La leçon du photographe : la vérification RAW n’est pas une contrainte technique, c’est une discipline de composition. Elle oblige à tout régler AVANT le déclic — cadrage, exposition, filtre gradué au besoin — plutôt que de compter sur le rattrapage en post-production. C’est exactement la manière dont je travaille sur l’estran breton : le bon moment de lumière ne se corrige pas après coup, il se prépare et il s’attend.

Lukas Furlan, photographe de l’année

Le titre de Photographer of the Year 2026 revient à Lukas Furlan, un ingénieur logiciel viennois qui consacre son temps libre à la photographie de paysage. Sa série gagnante mêle des macros de glace et de vastes panoramas de montagne, glanés lors d’un premier voyage en solo en Espagne et autour de chez lui, entre Vienne et les Dolomites. « J’ai essayé ces dernières années d’être plus personnel, d’éviter les points de vue archi-photographiés et de garder l’œil sur les petits détails », confie-t-il. Le prix « Photograph of the Year », distinguant une image unique, a été attribué à Abraham Saikley pour une photo de chaîne de montagnes aux arêtes acérées. Le prix du meilleur projet revient à Gabriel Stankiewicz pour une série consacrée aux pins d’Europe, des forêts arctiques de Norvège aux îles Canaries.

Ce que ça change dans la manière de regarder une photo

Ce genre de règlement rebat les cartes de ce qu’on appelle une « belle photo ». Sans dodge & burn, sans ciel remplacé, sans montagne déplacée d’une image à l’autre, ce qui reste, c’est le travail en amont : le repérage, l’attente de la bonne lumière, le choix du grand-angle ou du téléobjectif pour compresser les plans, la patience du trépied. Une longue pose sur l’eau lissée, un empilement de mise au point pour une macro de lichen, un assemblage panoramique de plusieurs verticales — tout cela reste permis, parce que ce sont des outils qui capturent plus fidèlement ce que l’œil voit, pas des outils qui inventent ce qu’il n’a pas vu.

Le pont vers la Bretagne

Les alignements de Carnac obéissent à la même règle, en plus ancien : ce sont des mégalithes qu’on ne peut pas déplacer ni retoucher pour la photo. La seule marge de manœuvre, c’est la lumière — celle qui rase les menhirs à l’heure bleue, celle qui découpe leur ombre au petit matin sur la lande. Photographier ces pierres, c’est déjà accepter la contrainte du réel : rien à ajouter, rien à enlever, seulement le bon moment à attendre. Vous pouvez retrouver mes tirages d’art de ces alignements dans la galerie mégalithes de la boutique.

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Photographies primées et crédits : Lukas Furlan (Photographer of the Year), Abraham Saikley (Photograph of the Year), Gabriel Stankiewicz (Projects Winner) — Natural Landscape Photography Awards 2026. Aucune de ces images n’est reproduite sur ce site ; suivez les liens ci-dessus pour les voir en haute qualité sur les sites officiels.

Une question, une envie de tirage sur les mégalithes ou les paysages bretons ? Contactez-moi.

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